Évocation par la scénographie

Évocation par la scénographie

04 Feb 2015
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Coups de coeur, étapes, croquis humoristiques... Dé­couvrez le récit intime de la pièce de Philippe Blasband (lire ci-dessus) à travers les carnets de travail de Marie Szersno­vicz et la description qu’elle en fait. Cette jeune scénographe, l’une des plus actives et créatives de ces dernières saisons, dessine tous les jours les contours visuels de ce que sera ce « voyage en tramway » – l’espace, les costumes et même les soubresauts dont le décor sera secoué pendant la repré­sentation. Pas d’illustration, pas de faux tram en carton-pâte : l’artiste travaille par métaphores. Imaginez le spectacle !
J.D.

1. « Les premiers croquis de principe du décor. En 3 temps. Un mur fermé inquiétant qui clôt un espace abstrait composé de 7 portes qui s’ouvrent en accordéon, comme dans un tramway. »

2. « Une autre source d’inspiration : l’installation de la plasticienne Louise Bourgeois Articulated Lair comme point de départ de l’idée des portes et de l’espace clos. C’était pour moi l’évoca­tion d’un purgatoire sans connotation religieuse. »

3. « Un système de vibration dissimulé sous les fauteuils pour les faire "vivre" et évoquer également le tram. »

4. « L’image de référence, une maquette d’un artiste que j’adore : Hans op de Beeck. Comme une sorte de no man’s land poé­tique. On ne sait pas où on est, c’est un peu inquiétant, un peu triste, mais ouvert à l’imaginaire. Cette image nous a rassem­blés Pierre, Philippe et moi. »

5. « Les costumes : un peu endimanchés. Volontairement pas trop connotés, ni par un âge, ni par une époque. Avec un soupçon de fantaisie comme on peut le voir chez certains vieux excentriques anglais. J’ai collé les têtes des comédiens pour me rendre compte de l’effet rendu. »

6-7. « Le flash pour un motif, dans la station de métro Diamant à Bruxelles. Pris sur le vif avec mon téléphone, puis redessiné patiemment et gravé dans chaque panneau. L’astuce du rainu­rage permet de dissimuler les jointures des panneaux et mé­nager un effet de surprise pour le moment de leur ouverture. »

8. « Les premiers tests avec le décor, à l’atelier de construction Pau de Braeckeleer, DE MUUR, à Gand. C’est un artiste et un interlocuteur génial. C’est un vrai plaisir de travailler et dia­loguer avec lui. »

MARIE SZERSNOVICZ