5, 4, 3, 2, 1 : dernier voyage pour les jeunes du projet Avoir 20 ans…

06 Aug 2015
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dernier voyage pour les jeunes du projet Avoir 20 ans…

Voilà 5 ans que Wajdi Mouawad, artiste associé à Mons 2015, a embarqué 50 jeunes dans une belle histoire… 
Ils nous viennent de Nantes, de Namur, de Montréal, de l’île de la Réunion et de Mons.
Ils ont 20 ans aujourd’hui. Ils en avaient 15 au début de l’aventure. En 5 voyages, ils ont traversé ces années charnières en vivant un projet qui leur proposait des pistes pour apprendre à «penser par eux-mêmes ».

Des verbes ponctuent chaque destination : LIRE à Athènes : lire une ville à travers son histoire, ses mythes, sa culture et ses habitants ; ECRIRE à Lyon, berceau de l’imprimerie et aussi de la résistance où l’écriture est reine ; COMPTER en Pologne et à Auschwitz, des chiffres qui  pèsent lourds dans l’histoire ; PARLER au Sénégal, où la tradition orale est maîtresse des liens et des traditions, où la rencontre avec l’autre passe par la discussion ; pour enfin, cette année, visiter Tirana, Vienne, Istanbul, Reykjavik, Casablanca, Budapest ou Beyrouth, où les jeunes partent quelques jours. De retour de leurs voyages, ils se retrouvent et racontent :

A Tirana, ils osent. Ils osent aller à la rencontre, partir et faire confiance.
Vienne devient naturellement un espace qui leur permet de réapprendre à se connaître.
Istanbul marque le groupe par sa position géographique et son organisation : d’un côté l’occident et de l’autre l’orient. Le thème de la liberté interroge, sous différents aspects.
Reykjavik et l’Islande deviennent comme une métaphore de l’être. Road trip sur l’île … Un parallèle avec la fin du projet est fait : chacun va maintenant suivre seul son chemin. La nature et les paysages en disent long.
Casablanca est le lieu du tournage d’un film… Le thème est l’amitié… ou le conflit ? Les jeunes jouent. La ville importe-t-elle sur l’atmosphère d’un groupe qui voyage ?
Budapest, outrancière et exubérante. Ils partent à la rencontre des étrangers qui traversent la ville pour recueillir leurs ressentis.
Enfin, Beyrouth se dévoile, ôte son masque dès l’atterrissage. Comment se faire sa propre image d’une ville hors des idées reçues ? Beyrouth, de jour comme de nuit, reste une ville colorée et animée par des habitants dont la principale caractéristique est l’hospitalité.

Et finalement d’apprendre à PENSER

Wajdi Mouawad clôture en évoquant la peur.
La peur dont l’individu est le seul témoin ; et aussi celle qui est véhiculée par les autres. Cette dernière peut être contagieuse…
Après avoir appris à lire, à écrire, à compter, à parler ; apprendre à penser passe par la manière avec laquelle on l’aborde.
Comment le cheminement fait durant tout le projet aura permis aux jeunes de détecter cette peur, d’y résister et d’avancer ?

Chacun repart fort et nostalgique. Un bond en avant, un bout de chemin parcouru ensemble dans un projet humain et riche d’aventures et de rencontres.
L’impression d’avoir vécu une expérience unique qui leur appartient tant elle est indescriptible…
Au même titre que les nombreux voyages vécus, en raconter trop pourrait en dénaturer le plus beau : l’indicible !

Deux témoins ont suivi les étapes de ce projet. Fin 2015, ils nous proposeront deux rétrospectives de cette aventure :
Marcel Leroy avec son livre édité chez Luc Pire, En route avec Wajdi, et Chloé Colpé au travers de son exposition Adolescence, la fabrique des héros, qui se tiendra dès le mois de novembre aux Anciens abattoirs.

ISABELLE PETERS