Adolescence: la fabrique des héros

26 Nov 2015
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Cinquante garçons et filles de Mons, Namur, Nantes, Montréal et L'île de la Réunion, ont accompli cinq voyages vers l’humanité de leurs vingt ans. 

Un parcours initiatique guidé par le metteur en scène Wajdi Mouawad, artiste complice de Mons 2015, raconté par Chloé Colpé dans une exposition organisée par l’UCL aux Anciens Abattoirs et par Marcel Leroy dans un beau carnet de route.

Cinq voyages avec Wajdi Mouawad* ont été accomplis. Les sept tragédies de Sophocle ont bouleversé le public, au théâtre du Manège, à Mons, en juin 2015. De l’aube à la nuit, ce fut une traversée du temps. Déjà, la trace de cette odyssée s’amenuise, se résume à une idée. Comme disait Wajdi, au Sénégal, lors d’un atelier de théâtre réunissant les jeunes de Mons et ceux de Toubab Dyalaw, « Ce qui est écrit est écrit, la parole est cachée, comme la semence ». 

Ainsi, en 2011, des groupes de dix garçons et de filles âgés alors de quinze ans ont été constitués autour de cinq villes et de cinq théâtres: Mons, Namur, Nantes, Montréal et l’île de la Réunion. L’idée de Wajdi, auteur, metteur en scène de théâtre et comédien, était de les accompagner vers leurs vingt ans, en voyageant pour répondre à une série de questions sur le monde et les gens. En partant à la rencontre de leur vérité. Toujours avec le théâtre de Sophocle pour fil rouge. Parce que ces textes qui ont franchi deux millénaires, qui interrogent l’humanité, sonnent juste aujourd’hui encore. Posent des questions fondamentales sur la vie, l’amour et la mort, le rêve et la trahison. 

En 2011, les cinquante jeunes se sont rencontrés à Athènes où ils ont découvert le sens du verbe lire. En 2012, à Lyon, ils ont planché sur l’acte d’écrire. De résister. En 2013, à Auschwitz, ils ont su que compter c’est raconter, témoigner. Derrière les chiffres, voir les gens. Toujours. En 2014, au Sénégal, avec les habitants d’un village de pêcheurs ils ont joué au foot et incarné l’altérité. Ils ont approché la réalité du verbe parler.

Pour se retrouver, en 2015, à vingt ans, à Athènes, là où tout avait commencé. Le clan s’était soudé par la grâce des expériences vécues, en marchant à travers les villes, en lisant, regardant, écoutant, posant des questions aux personnes croisées en chemin. Tous garderont de cette histoire les moments où Wajdi parlait d’oser ressentir ce que l’on ressent, de penser par soi-même, de s’informer pour éviter les clichés réducteurs. Et, surtout, de se méfier des peurs tenues des autres, qui ne protègent pas, mais empêchent d’aller de l’avant, emprisonnent, étouffent.

L’artiste a encouragé les jeunes devenus des amis à vivre debout, à marcher, à s’ouvrir au monde pour mieux y trouver sa place. Pour Adrien, Gaëlle, Quentin, Samantha, Salomé, Léandre, Nathan, Clara, Lorene et Marie, Mons 2015 aura duré cinq ans mais l’histoire commence.

Découvrez la bande-annonce de l'expo : 

 

13.11.15>10.01.16 Exposition vidéo Adolescence: la fabrique des héros.
Ouvert du mardi au dimanche, de 10:00 à 18:00 (fermé les 24, 25, 31.12.15 et le 01.01.16).
Accès libre au Frigo des Anciens Abattoirs, rue de la Trouille, 17 – 7000 Mons