La parade iconoclaste des sixties

08 Oct 2015
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Rimbaud n’a pas laissé indifférent que Verlaine ! Sa poésie radicale fait renaître la création dans les années ’60, en réaction au conformisme bourgeois de l’après-guerre. 

Asger Jorn, Giuseppe Penone, Arnulf Rainer ou Nan Goldin s’en inspirent pour invoquer la nature, détournent les slogans capitalistes, se travestissent ou pratiquent l’incantation rituelle. Une (ré)génération sauvage !

Pour mieux comprendre l’exposition, plongez avec nous dans la thématique du « ritualisme » à travers l’œuvre d’Arnulf Rainer (photo ci-dessus) Artiste autrichien, « surpeintre », il est principalement connu pour ses photographies violemment badigeonnées de peinture et de fusain, appliqués directement sur les tirages avec les mains, voire avec les pieds. 

Selon le critique d’art Yoann van Parys, un des troubles suscité par cette œuvre d’Arnulf Rainer tient du fait que l’artiste met à mal la photographie comme zone de rencontre conviviale entre soi et les autres. Il nous explique : « Cette faculté de la photographie à être conviviale, sociale, tout le monde la connaît : c’est sur elle que mise la publicité ; c’est elle qu’on expérimente en famille ou encore qui sert à nous identifier sur les documents officiels. Les traces de peinture projetées, frottées sur les images de Rainer viennent brutalement contrecarrer toute potentielle empathie que l’on pourrait ressentir à l’égard de la personne photographiée ». 

Retrouvez cette œuvre dans l’exposition Parade sauvage parmi celles d’autres artistes qui, sur cette même thématique, renouent avec des formes primitives d’expression comme la peinture corporelle ou le rite sacrificiel, exprimant ainsi des traumas individuels ou collectifs. 

Géraldine Simonet

17.10.15 > 24.01.16 - Parade sauvage.
Ouvert du mardi au dimanche, de 10:00 à 18:00.
Ticket combiné avec l’exposition Verlaine, cellule 252
€ 12,00 / € 9,00.
Au BAM : rue Neuve, 8 – 7000 Mons.