La Renaissance de Charleroi

19 Sep 2015
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Charleroi © Stefan Vanfleteren

Un Show qui témoigne du Renouveau

Le 5 septembre, Charleroi a mis le feu aux Quais de Sambre laissant pantois les 8000 personnes ayant fait le déplacement pour participer à Smoke On The Water. Mapping grandiose des Dirty Monitors rythmé par le machiavélique Kid Noize, concerts de Mélanie De Biasio et Mochélan Zoku ainsi que de nombreux dj sets. Un régal. Les Carolos en ont pris plein les yeux et les oreilles.

 

Cependant, toute mauvaise langue pourrait clamer haut et fort que cette sublime réussite n’est qu’un coup d’éclat sans avenir ni perspectives. Grave erreur. Smoke On the Water est le reflet du renouveau de Charleroi. Une renaissance qui crève les yeux et qu’engendrent et supportent, pas à pas, les artistes et institutions culturelles du Pays Noir.

Des artistes fiers de leur ville

Prenez par exemple Mochélan et ses comparses (Mochélan Zoku), protagonistes remarqués lors de la Smoke On The Water. Ce groupe de rap cosmopolite, dirigé par un Carolo pur et dur, est fier de participer à la « restauration de Charleroi » et voit une réelle métamorphose s’opérer. « Sur les 6 derniers mois, des grues sont apparues un peu partout. On observe une réelle mutation du paysage. C’est un plaisir de voir cette ville tenter de se faire belle pour ses habitants » nous dit Mr Massa, bassiste du groupe. Ils insistent également sur le renouveau culturel évident à Charleroi. « On sent vraiment une ambition palpable qui n’est pas forcément présente dans les grandes villes et capitales où tout est déjà en place et où rien n’est plus à prouver. Ici, on sent une dynamique particulière » confie Alix, batteur de Mochélan Zoku. Le groupe sent d’ailleurs un soutien chaleureux du public carolo derrière cette renaissance.

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©Olivier Donnet

Des institutions culturelles qui tirent Charleroi vers le haut

Charleroi peut également compter sur de nombreuses institutions culturelles pour aller de l’avant. Le Rockerill, ancienne usine sidérurgique réhabilitée en 2005 en salles de concerts et ateliers d’artistes, est l’un de ces acteurs qui tirent la ville vers le haut. D’ailleurs, Jean-Christophe Gobbe, dit Globul, coordinateur et responsable de la programmation électro au Rockerill veut mettre un terme, progressivement, à l’image négative de la cité carolo. « Il est important de redorer le blason de Charleroi qu’on a tellement décrié et sali au fil du temps. Il faut travailler, jour après jour, à sa reconstruction ». Cette valeur de travail, elle transpire encore des murs de cette ancienne forge qui accueille, aujourd’hui, une programmation musicale alternative. « A l’instar de Charleroi, le Rockerill a une volonté d’avancer et met du cœur à l’ouvrage pour créer un lieu tout à fait atypique et unique en son genre ». Un lieu qui rythmera encore, pendant de nombreuses années, les chaudes nuits du Pays noir et qui voit naitre, régulièrement, de grands talents en devenir. Comment mieux illustrer les paroles de Mochélan : « on doit reconstruire le futur sans oublier le passé » ?

Le Rockerill n’est pas seul pour accomplir ce travail de titan que représente la Renaissance de Charleroi. D’autres institutions culturelles carolos travaillent main dans la main pour embellir le paysage culturel en bord de Sambre. Evoquons, entre autres :

·         Le Théâtre de l’Ancre, organisateur et quartier général de la Smoke On the Water. Place forte du théâtre et de la musique à Charleroi qui propose une programmation riche et variée.

·         Le BPS22, Musée d’Art de la Province du Hainaut. Il rouvrira  ses portes le 26 septembre et proposera, à cette occasion, un weekend festif entièrement gratuit avec de nombreuses activités autour de l’exposition Les Mondes Inversés. L’occasion de découvrir cet ancien bâtiment industriel reconverti en observatoire de l’art.

·         Charleroi Danses, haut lieu de la performance scénique contemporaine qui organisera, fin septembre, sa Biennale de danse.

L'heure de Charleroi arrive

Gageons que le rassemblement de toutes ces forces arrivera à accomplir le souhait de Stefan Van Fleteren qui expose, dans un hommage vibrant et émouvant à l’âme de Charleroi, des clichés à la fois sombres et féériques au Musée de la Photo de Charleroi. En effet, grand amoureux du Rockerill et du Pays Noir, il espère « qu’un jour viendra notre tour ». L’occasion, enfin, pour Charleroi de « rendre les coups qu’elle a encaissé».