Rencontre avec Vincen Beeckman - Photographe #Atopolis

10 Jun 2015
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A quelques jours de l’inauguration, l’exposition Atopolis prend ses quartiers au Manège de Sury. Plus de vingt artistes de renom sont invités à questionner les utopies et transformer cet ancien Manège militaire récemment rénové en une proposition de « ville idéale ». Au deuxième étage du bâtiment Damoiseaux, anciennement école et couvent, Vincen Beeckman termine l’accrochage de ses photographies.

Lorsque je le rencontre pour la première fois, c’est il y a plusieurs mois, pas à Mons, mais à Bruxelles. Lui est bruxellois, il sourit en disant cela, il est juste bruxellois.
Pour l’exposition Atopolis, Vincen s’est intéressé au Borinage, à sa jeunesse. Il a sur sa table de chevet le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Raoul Vaneigem, et son regard de photographe pour bousculer les perspectives. Il se demande ce que fait cette jeunesse du Borinage, à quoi elle rêve et à quoi elle occupe ses  journées, dans cette région fragilisée par le chômage. Pour entrer en contact avec eux, il va d’abord à la rencontre d’une association de la région. Elle lui conseille de commencer avec une famille, il verra ensuite. Effectivement, ce contact restera l’unique, cette famille aussi.

La Famille, c’est Marie, ses enfants et la grand-mère, les pères absents. A Pâturage, près de Colfontaine. Il les rencontre, leur parle du projet. Ils sont enthousiastes. Avec une règle particulière, ce n’est pas lui qui vient à eux, mais l’inverse. Comme un docteur, il me dit, tu l’appelles quand tu es malade, c’est pareil, tu appelles le photographe quand tu choisis de fixer un instant.

C’est ainsi que ça fonctionne, et ça fonctionne. La famille se prête au jeu, et Vincen débarque pour la visite chez l’opticien de la petite dernière, l’anniversaire du petit, une journée à la mer, une excursion à Pairy Daiza, et dans chaque visite, le photographe croise l’intimité du quotidien, les creux et les détails entre la plage et les bougies d’anniversaire soufflées.

Ses photographies sont directes. Justes. De notre position de spectateur, on sourit par moment, et dans notre regard, il y a toutes nos certitudes. Et puis cette jeune fille maquillée pour Halloween vous regarde les bras croisés, avec un air de défi, et nous réalisons que nous ne connaissons rien d’eux, et que nous sommes surtout les invités privilégiés de leur intimité.

A voir au Manège de Sury (Mons) à partir du 13 juin 2015. Ouvert du Mardi au Dimanche de 12h à 18h.
Charlotte Benedetti - coordinatrice de l'exposition Atopolis