Du 14 au 23 mai, Mons est la Ville en jeu(x)

15 mai 2015
Portrait de xavier
article de: 
Xavier F.

Rue Neuve, 10 heures, le jeudi 14 mai : une énorme boule rouge fait son apparition dans la ville de Mons. Coincée entre deux bâtiments, dont le BAM (Musée des Beaux-Arts Mons), la boule surprend et intrigue les passants.

Plus tard, à 16 heures, place à l’effet domino, un événement d’une grande ampleur et pour le moins inhabituel, avec ses 7.000 dominos renversés, sur un parcours de deux kilomètres dans « La Ville en jeux ».

Un reportage de Priscilla Dubus, étudiante en journalisme à l'IHECS, partenaire de Mons 2015 (découvrez sa bio)
 
Pendant les 10 jours de « La Ville en jeux », du 14 au 23 mai 2015, Mons, Capitale européenne de la Culture, transforme sa ville en terrain de jeux et intéresse petits et grands. Face au RedBall Project (voir la photo en introduction) imaginé par l’artiste américain Kurt Perschke et au gigantesque effet domino organisé pour l’inauguration du festival « La Ville en jeu(x) », l’intérêt des Montois pour leur ville est grandissant et le nombre des visiteurs également. Johan Borroccetti, patron de la brasserie « Le Central », sur la Grand-Place de Mons, raconte avoir vu l’affluence de son bistrot augmenter de 15% à 20%, grâce au nouveau statut de la ville, qui attire de nombreux touristes. Qu’ils soient Français, Flamands ou encore Espagnols, tous semblent vouloir découvrir ce qu’a à offrir Mons culturellement.
 
Depuis janvier, la ville se métamorphose et est aussi l’occasion pour ses habitants de la redécouvrir autrement. C’est le cas d’Audrey Durez, une montoise venue observer l’effet domino ainsi que la boule rouge avec ses enfants et quelques amis. Elle explique trouver ça « chouette et ludique pour les enfants » mais aussi plaisant pour elle-même ; elle qui s’amusera à essayer de trouver les lieux où se trouve la boule rouge ces prochains jours en vélo.
 
[Ici, le parcours de la boule rouge à Mons]
 
Mons : 21e ville du grand projet RedBall. Jouer avec la ville, la rendre dynamique et accéder à l’imagination de chacun : voilà les buts de Kurt Perschke. Aujourd’hui, après plus de 20 villes dans lesquelles la boule a déjà fait son apparition, telles que Paris, Montréal, Abu Dhabi ou encore Chicago, l’artiste n’est pas déçu de Mons et est fier de déclarer : « Mons is a great start for us ». Il explique également qu’il n’impose jamais son projet à une ville mais ne fait que répondre à des invitations (en l’occurence ici, celle de Philippe Kauffmann, responsable des projets Art en ville de Mons 2015), avant de visiter la ville et décider des lieux dans lesquelles il veut exposer sa gigantesque boule rouge.
 

[Ici, l'interview retranscrite en français]
 
Noémie Baumann, l’assistante de Kurt Perschke connaît bien l’artiste et explique qu’« il est toujours très curieux de voir comment ça se passe dans chaque ville. Pour lui, le but n’est pas de trouver la balle, car l’objet n’est pas l’œuvre d’art en tant que telle mais davantage l’atmosphère, le lieu. C’est pour cela qu’il parle de "performance", car ce n’est pas lui qui performe, qui fait quelque chose en particulier, mais plutôt les gens qui passent à côté et répondent à l’œuvre ». Selon Anaïs, chargée de la médiation pour le projet RedBall, « il y a des réactions surprenantes surtout de la part des enfants qui veulent toucher, ont des interrogations et font des comparaisons avec leurs boules de pétanques par exemple ». Quant à Noémie, Le RedBall Project sera prochainement présent à Rochester (New York) en juin, à Marseille, en septembre, et en octobre à Bordeaux. En attendant, elle sera encore visible ces neuf prochains jours dans la ville de Mons, et chaque jour dans un endroit différent.
 

Les petites mains du projet « Dominoes »

Lors de cette première journée d’inauguration du festival montois « Ville en jeu(x) », l’effet domino a également attiré une foule de gens, venus de Mons et d’ailleurs, et rassemblé plus de 250 bénévoles, dont des étudiants en architecture d’intérieure de l’École supérieure Arts² (Arts au Carré). Une manière concrète pour eux d’apprendre le métier directement sur le terrain et de participer activement à leur ville. Pour Anne Vanbreuse, bénévole d’un jour pour le projet « les Dominoes », de Station House Opera, cet événement a été l’occasion de « mettre un pied dans la vie de sa ville ». Aujourd’hui, elle est fière d’avoir participé à ce projet qui a nécessité près de 7.000 blocs de bétons placés cellulaire, qui plus est, a été un succès.
 

 
Capitale européenne de la culture en 2015, Mons n’a pas fini de surprendre le public avec des artistes dont les idées sont complètement folles et décalées. Juliette Dumont, coordinatrice des bénévoles pour Mons 2015, résume le grand projet culturel de la ville comme une occasion de « se rassembler tous ensemble, afin de participer à des projets hallucinants, permettant de redécouvrir des lieux qu’on ne voit jamais. »

PRISCILLA DUBUS (IHECS)

 
La Ville en jeu(x) : à Mons du 14 au 23 mai 2015.