La Phrase 01/12/15

01 déc 2015
Portrait de Anouck
article de: 
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Dernière rue avant la fin, texte du jour :

 

Il n’y a pas mille façons de mélanger des corps différents.

Il n’y a pas mille façons de vivre, il s’agit de vivre tout.

Il s’agit de se répondre, se rejoindre, de chair s’entendre.

Il y a un mot pour dire l’alliance. ليط,  khalit,  le mélange.

Faire l'amalgame. Se mélanger. Combinaison, unité fragile.

Se mettre ensemble, s’emmêler, union de l’impossible.

Il n’y a pas, pour l’infini nocturne, de réponse exclusive.

Il n’y a pas, pour marche universelle, de commandement divin. 

Il n’y a pas, qui ne soit vilénie, de chaine industrielle.

Il n’y a pas, aux sols meurtris, de réponse militaire.

Il n’y a pas plus, en nulle guerre, de solution chimique.

Il n’y a pas de parade à l’enfer si l’enfer est conscient.

Si, mauvais, plus grand, réchauffé dans nos paumes,

on fait de lui l’absurde promesse d’un coin de paradis. 

Il n’y a pas, pardonnez-nous, de mirage qui ne soit néant. 

Il n’y a pas de solution politicienne, marchande, radicale. 

Il n’y a pas, sans désaveux, de petits arrangements. 

Il n’y a pas de convention artificielle pour sourde cloison. 

Il n’y a pas, qu’on nous démontre l’inverse, de fatalité. 

Il faut un mot, autrement affranchi de ce que nous vivons. 

Il n’y a pas plus que nous, et tout ce que nous sommes. 

Il n’y a pas de date de naissance ; d’interdictions naturelles. 

Il n’y a pas d’étiquettes, titres ; conclusion ; monologue. 

Il n’y a pas, que l’on cesse d’y croire, de solution exaltée. 

Il n’y a pas, que l’on s’en souvienne, de « Solution finale ». 

Il y a une liberté, même minuscule même oubliée même blessée. 

(Karelle Ménine)

 

L’âme du doux plaisir

L’âme toute entière astre

ne peut être souillée.

Celui dont le visage est sans rayons ne deviendra jamais une étoile.

(William Blake, Le marriage du Ciel et de l’Enfer, 1790, trad. A.Gide, José Corti, 2011, p.20)

 

I n'a qué l'culture, qué l’culture, pou fèere vîfe no planète. 

(Karelle Ménine)

 

Par la curiosité, après tant d’années, de rouvrir ; par la grâce, la magie ; parce qu’il a écrit du vide : (Karelle Ménine) je suis l’empire à la fin de la décadence. (Paul Verlaine, Langueur, 1883, Œ. po. compl., ibid., p. 370.)

 

Par ce subtil rehaut de couleurs ; parce que sans prévenir, (Karelle Ménine)) sur un monceau de pavés gris ; / la rage immense, avec des cris, / avec du feu dans ses artères ; / la rage, elle a bondi / féroce et haletante. (Emile Verhaeren, La révolte, 1895, « Les villes tentaculaires », Poésie Gallimard, Paris, 1982, p.136.)