La Phrase 05/08/15

05 aoû 2015
Portrait de Anouck
article de: 
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ÉCRITURE DU JOUR :

 

le long du seigneur / ma mère /ma mère ma mère / tu attends dans la neige / amassée électricité / fabuleux / discipline / les feuilles se groupent en constructions d’ailes nous tranquillisent sur une île et monte comme l’ordre des archanges / feu blanc.  (Tristan Tzara, Le grand complainte de mon obscurité deux, vingt-cinq poèmes, 1918)

Plus libre que cela, qui le peut ? Et quelles formes, maintenant, pour boisson fraiche, monter à soi du puit ? Une aire d’accueil, sans commercial, pour un paysage impoli. 

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! 

(Karelle Ménine)

Pour faire distraire enfer et refaire un poème ; (Karelle Ménine) Pour faire un poème dadaïste Prenez un journal / Prenez des ciseaux / Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème. / Découpez l’article.

Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac. / Agitez doucement. / Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre dans l’ordre où elles ont quitté le sac. / Copiez consciencieusement. / Le poème vous ressemblera. / Et vous voici un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.  

(Tristan Tzara, Pour faire un poème dadaïste. in sept manifestes dada, éd. Pauvert, 1924)

- vul-ghê-r - Provenç. volgar ; du latin vulgaris qui vient de vulgus, foule populaire. (Karelle Ménine)

gargarisme astronomique / vibre vibre vibre vibre dans la gorge métallique des hauteurs / ton âme est verte météorologique empereur et mes oreilles sont des torches végétales / écoute écoute écoute j’avale mbampou et ta bonne volonté / prends danse entends viens tourne bois vire ouhou ouhou ouhou faucon faucon de tes propres images amères

mel o mon ami tu me soulèves le matin à panama que je sois dieu sans importance ou colibri 

ou bien le phœtus de ma servante en souffrance ou bien tailleur explosion robe de cascade circulaire  chevelure intérieure lettre  qu’on reçoit à l’hôpital longue très longue lettre quand tu peignes consciencieusement tes intestins ta chevelure intérieure (Tristan Tzara, Mouvement, vingt-cinq poèmes, 1918) – in-te-ri- eu-r’ (Karelle Ménine) tu es pour moi insignifiant comme un faux-passeport lunaire. (Tristan Tzara, Mouvement, vingt-cinq poèmes, 1918)

Soyons vertical un instant. Soyons au Zénith. Passons par le Nadir ou l’axe de la quille. La verticalité horizontale du pécheur d’horizon, voilà de quoi convaincre le penseur que le poète a raison. L’horizontalité et la verticalité s’additionnent. Oui monsieur. Elle l’arrondit. Elle l’en globe. Elle la malaxe. Et faut croire que cela fait peur de laisser respirer au corps des murs des hommes en boules, billes roulantes au pied des lignes radicales, à foison pour des croquis moins amers. (Karelle Ménine)