La Phrase 08/09/15

08 sep 2015
Portrait de Anouck
article de: 
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ÉCRITURE DU JOUR :

 

Ne regrette rien 

Malgré tout 

Ordres donnés

Libre demain

(Mots tirés de la dernière lettre de M Bervoets à ses parents)

 

Sur l’espoir sans souvenir/J’écris ton nom/Et par le pouvoir d’un mot/Je recommence ma vie/Je suis né pour te connaître/Pour te nommer/Liberté. 

(Paul Éluard, Liberté, 1942 )

 

Qu’un bûcher s’allume

à la cime de nos âmes, 

et toutes à naître, 

et toutes à vivre, 

jusque dans notre exil, 

jusque dans notre mort, 

jusque dans notre oubli. 

(Marguerite Bervoets, poème inédit, écrit à la prison de Mons, 1942)

JUSQUE DANS NOTRE ABSENCE. 

(Karelle Ménine)

 

 

Gemäß dortigem Ersuchen vom1.4.1944, gerichtet das Frauenjugendgefängnis zu Vechta, wurden die Obengenannten Freitag, dem 21.4.44 mittels Eisenbahn sammeln Transport nach des Untersuchungshaftanstalt in Braunschweig überführt. (Regional-Inspektor, auprès du Reich. 1944, Les carnets de la mémoire, Marguerite Bervoets, Emile Pequet, 2014)

Arrivée prévue le 4.5.44, à 7h38. A 7h38. A 7h38. (Karelle Ménine)

 

 

Mortalité

Irréelle 

Infondée 

Des mots 

Des phrases 

Des êtres 

Effacés. 

(Karelle Ménine)

 

Ainsi nous nous sommes aboyés 

Comme pour revenir de nous. 

Ainsi l’art de la poésie de la peinture 

jamais plus applaudis que. Lorsque. 

Ainsi nous nous sommes, même durant 

la solitude, nous avons travaillé, 

puisqu’il s’agissait. De la liberté. 

(Karelle Ménine)

 

QUAND les souffles de ses  ancêtres veulent souffler la bougie, (grâce à laquelle peut-être subsistent les caractères du grimoire) — il dit « Pas encore ! » 

(Stéphane Mallarmé, Igitur, ou la folie d’Elbehnon, 1866)

 

Bachi-Bouzouk!! (Karelle Ménine)

 

Le comble du bonheur, c’était quand un vieux se mettait à parler du passé ; suspendu à ses lèvres, je buvais ses paroles. Je rapprochai ma chaise de la sienne et, câlinement : Et si vous me racontiez quelque chose ? (Constant Malva, Choses et gens de la bure et du borinage, 1931)

 

On va remonter à la surface. 

Viens tout de suite, des fois que. 

Baisse un peu la tête, je monte. 

Ne crains. Je suis un humble grillon. 

(Karelle Ménine)

 

Voix d’en haut 

Voix d’en bas 

De façon générale

Une seule question

Sans faux bonds

Sans rimaillons

Plaisir de l’impossible

La question actuelle :

Qu’est-ce qui peut

Qu’est-ce qui peut

… Nous unir.

(Karelle Ménine)

 

 

Brouillard léger, 

Ouvre la porte. 

(Karelle Ménine)

 

Pataquès 

Le voici! 

Où ça?! 

Mais là! 

Il entre. 

Mais où? 

!!!!!!! 

Au Coeur. 

(Karelle Ménine)

 

Aimer est folie, 

gouffre et peur. 

Que fait-on ?? 

On continue… ! 

(Karelle Ménine)

 

Il faut 

procéder 

par coups 

de sondes 

à mettre 

au vif 

l’essence 

des choses. 

(Fernand Dumont, inédit, 1934. Aux cailloux des chemins, Editions Labor, 2006)

 

Ce sera notre gloire, cher Magritte, d’avoir « tenu » la ligne, ici, en Belgique, dans les moments que nous vivons. 

(Fernand Dumont, lettre à René Magritte, Mons, 4 avril 1940)

 

Ecrire, écrire, écrire. (Karelle Ménine) Quant à écrire il me paraît 

de plus en plus vain d’accumuler les pages. 

(Fernand Dumont, lettre à Jean Scutenaire, 19.12.1940)

 

Il n’est pas bon que tout le monde lise les phrases qui vont suivre. 

L’autorité vous recommande ainsi de fermer les yeux en marchant droit. 

(Karelle Ménine)

 

L’argent voilà ce dont je me fiche / Je distingue entre l’tien et l’mien 

Car moi je suis plus riche qu’un riche  / Puisque je n’ai besoin de rien. 

(Constant Malva, Choses et gens de la bure et du borinage, 1931)

 

Trois hommes ahanent. 

L’un arrache du charbon 

L’autre taille un nuage 

Le troisième une veine 

Qui passait par là. 

Trois hommes flanchent 

arrosés d’une rasade 

et même pas la première. 

(Karelle Ménine)

 

Ouvriers 

Majeurs 

(Karelle Ménine)

 

Entrer en cette 

rêverie claire d’une 

Traversée solaire. 

Au cœur de l’hiver 

Au milieu du monde 

Vacarme d’un mélange 

Paraphé d’aiguillages 

: S’entrepauler. 

(Karelle Ménine)