La Phrase 19/05/15

19 mai 2015
Portrait de Anouck
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ÉCRITURE DU JOUR :

Des avalanches d’or du vieil azur, au jour / Premier et de la neige éternelle des astres / Jadis tu détachas les grands calices pour / La terre jeune encore et vierge de désastres, / Le glaïeul fauve, avec les cygnes au col fin, / Et ce divin laurier des âmes exilées / Vermeil comme le pur orteil du séraphin / Que rougit la pudeur des aurores foulées, / L’hyacinthe, le myrte à l’adorable éclair / Et, pareille à la chair de la femme, la rose / Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair, / Celle qu’un sang farouche et radieux arrose ! / Et tu fis la blancheur sanglotante des lys / Qui roulant sur des mers de soupirs qu’elle effleure / A travers l’encens bleu des horizons pâlis / Monte rêveusement vers la lune qui pleure ! / Hosannah sur le cistre et dans les encensoirs, / Notre Dame, hosannah du jardin de nos limbes ! / Et finisse l’écho par les célestes soirs, / Extase des regards, scintillement des nimbes ! / Ô Mère qui créas en ton sein juste et fort, / Calices balançant la future fiole, / De grandes fleurs avec la balsamique Mort / Pour le poète las que la vie étiole. (Les fleurs, Stéphane Mallarmé, 1887)