La Phrase 21 à 25/04/15

27 avr 2015
Portrait de Anouck
article de: 
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ÉCRITURE DU JOUR : 

 

Et tu étais triste, encore je n’étais pas avec toi, et tu étais malade et je n’étais pas là près. Moi qui croyais que joie et santé seules pouvaient être là où je n’étais pas, -­ douleur et chagrin ici ! Et c’est ainsi, et c’est comme j’avais prédit et ce sera de plus en plus ainsi. Car l’esprit se replie sur lui-­même et le coeur naufragé gît, froid, tandis que l’ennui recueille les dépouilles éparses. Ce n’est ni dans l’orage [...] (Lord Byron, poème sans titre et non daté, traduit par Paul Verlaine)

Non, tu n’es pas un aigle, ont crié les serpens, / Quand son vol faible encor trompait sa jeune audace : / Et déjà sur le dos de ces monstres rampans / Du bec vengeur de l’aigle il imprimait la trace / Puis, le front dans les cieux de lumière inondés, /Les yeux sur le soleil, les ongles sur la foudre, / Il dit à ces serpens qui sifflaient dans la poudre : / « Que suis-­je ? répondez. » (Casimir Delavigne, Les Messéniennes, 1835) Poète, tu es ! Et la poésie – poeien – fait. Et la poésie ne se laisse pas faire. Toute chaine s’enchaîne à d’autres cous qu’au sien. Elle fulmine, elle enrage, elle soleil, elle silence, il n’y a qu’à prendre son bras et à son cou une fois pour toute : se pendre. (Karelle Ménine)

Voyagez en solitaires. Voyagez aux fenêtres. Voyagez en mystères. Sans commentaires. Sans vous défaire. Sans abandonner. Et un jour de 1893 : art. 47 : droit de vote accordé aux hommes de nationalité belge. Attendre 1949 pour l’offrir aux femmes, mais un droit seul ne suffit pas alors ne te laisse pas faire, poète, car rien n’est terminé. (Karelle Ménine)

… Tirez du rêve notre exode, voulez-­vous ? ... (Paul Verlaine, Mort !, décembre 1895)  Il est des jours – avez-­vous remarqué ? -­ / Où l’on se sent plus léger qu’un oiseau, / Plus jeune qu’un enfant, et, vrai ! plus gai / Que la même gaieté d’un damoiseau. / L’on se souvient sans bien se rappeler… / Evidemment l’on rêve, et non, pourtant. / L’on semble nager et l’on croirait voler. (Paul Verlaine, Impressions de printemps, mai 1893)

Das ist ein Gedicht und eine Rose, dein Gesicht ist ein Gedicht, ich liebe dich, und questo amore, tubuliflore, avrà il mistero del cielo. À l’horizon, nos gestes de sémaphore. Siamo qualche cosa, siamo importanti, siamo uccelli. Voliamo dolcemente, amore, matamore, dove non si trova la guerra, la stupidità oder, la rabbia. Dieser Flug fliegt aus der Vogelschau nach einem Vulkanischem Flug. (Karelle Ménine)

Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nous / Sous cet arbre géant où vient mourir la brise / En soupirs inégaux sous la ramure grise / Que caresse le clair de lune [...] (Paul Verlaine, Circonspection, 1884)