Saga Verlaine Épisode 2 : Verlaine tire plus vite que son ombre !

15 oct 2015
article de: 
.

Revolver Lefaucheux ©Collection Privée

Le dix juillet 1873, vers neuf heures du matin, Verlaine pousse la porte de l’armurier Montigny dans les galeries Saint-Hubert à Bruxelles. Il achète pour vingt-trois francs un pistolet de sept millimètres à six coups, une gaine en cuir et une boîte de cinquante cartouches.

Paul Verlaine, Lithogravure de Frédéric-Auguste Cazals, , 1894. © Bibliothèque royale de Belgique.

Il passe ensuite le restant de la matinée à boire de larges rasades dans des bistrots enfumés. Complètement ivre, il rejoint difficilement son hôtel vers midi, gravit avec peine les escaliers et montre son arme à Rimbaud qui se repose sur ses valises. Le revolver ne récolte pas un grand succès. Arthur n’est pas très impressionné. Les palabres reprennent et s’enveniment. À l’hôtel d’abord, au café La Maison des Brasseurs sur la Grand-Place ensuite.

Photographie de Paul Verlaine par Etienne Carjat

De retour dans la chambre en début d’après-midi, Verlaine s’égare à nouveau dans l’inquiétude de ses pensées. Il ferme à clef la porte qui donne sur le palier, s’assied à califourchon sur une chaise et tire sur Rimbaud. Par chance, la Camarde a ce jour-là d’autres rendez-vous. Une première balle atteint Arthur au poignet, une seconde va se loger dans le plancher. De sordide, l’épisode en devient presque pathétique. Un mauvais vaudeville indigne du Petit Journal ou d’un canard de province. C’est pourtant le début de « l’Affaire de Bruxelles » … 

Par Bernard Bousmanne, Commissaire de l'exposition.

Suivez la Saga de l'expo Verlaine sur l'event en cliquant ici !