Saga Verlaine Épisode 5 : Incarcéré, Verlaine sort la plume...

23 oct 2015
article de: 
.
Promenade des Prisonniers_verlaine003

Promenade des prisonniers dans la prison de Pentonville. Gravure de Bennetto illustrée dans Mayhew – Binny 1862, p. 49. Bruxelles, Bibliothèque royale de Belgique, Département des imprimés, II 93608 A.

Nouveaux vêtements, nouvel homme

Condamné à deux ans d’emprisonnement, Verlaine arrive à Mons le 25 octobre 1873. Passé les portes de la prison, il doit se plier au règlement et se débarasser de tous ses effets personnels. Après un rasage de crâne à la lame par le barbier, on l’invite à prendre un bain. Les sergents désinfectent ses vêtements dans une armoire chauffante puis les rangent dans les magasins. En échange, il reçoit du linge « bien bizarre », une veste trop large, un gilet, des bretelles, un pantalon d’une étoffe verdâtre, un tour de cou en laine utile en hiver, des chaussettes et des sabots. Un fonctionnaire lui remet aussi une casquette de cuir et une plaque en cuivre noircie avec en relief son matricule. Il doit l’accrocher à un bouton de sa veste chaque fois qu’il sort de sa cellule. Une cagoule en toile bleue dissimule son visage lors de ses passages dans le préau ou les corridors.

Derrière les barreaux, le cœur à la pluie et l’âme froissée, Verlaine s’ennuie. Mais il écrit beaucoup. Des dizaines de lettres mais aussi des poèmes. Au purgatoire du « château » de Mons, sevré d’alcool et de tentations, il va profiter de cette vie entre parenthèses pour rédiger quelques-uns de ses plus beaux poèmes : L’Art poétique, Don Juan pipé, Crimen amoris, La Chanson de Gaspar Hauser …

Mons 2015 s'infiltre dans l'exposition Verlaine, Cellule 252 !

Suivez l'événement Facebook pour des anecdotes croustillantes, des vidéos : une véritable SAGA de l'expo ! (A découvrir dans son intégralité ici)