Saga Verlaine Épisode 9 : Le one-man-show de Verlaine

05 nov 2015
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Paul Verlaine. Photographie d’Otto Wegener (dit Otto), Paris, s.d. [1893]. H132 x L98mm. Paris, BNF, Département des estampes et de la photographie, N-2 (Verlaine, Paul) – vol. 1952, D 276091.

"Je vais aller en Belgique pour y conférencer" 

En 1893, après des conférences à Charleroi, Anvers et Liège, Verlaine prend la parole au Palais de Justice de Bruxelles devant les émules des juges qui l’avaient condamné vingt ans plus tôt. Bien sûr, l’édifice désuet parcouru « menottes aux pinces » a été démoli. Un nouveau bâtiment pharaonique et démesuré le remplace au sommet du Galgenberg. Face à ses fantômes, Verlaine évoque sans honte sa condamnation, ses séjours en taule, son appréhension à revenir sur le sol belge. Devant un public nombreux de magistrats groupés sur les marches, l’inculpé d’autrefois bougonne sa lecture sur le ton de la confidence. Aucun emportement contre les années de détention à Mons, aucun cri de révolte ou de colère contre ses juges bruxellois. Arrivé au récit de ses démêlés avec la police, il s’écrie pourtant à la cantonade : « Ô messieurs de la police française … Courez donc sus aux malfaiteurs si vous l’osez, et laissez les poètes tranquilles. Ils ne vous regardent pas, dans les deux sens du verbe ». Debout, la salle applaudit le nouveau tribun. Verlaine se lève, reçoit faussement humble les honneurs et songe à son Arthur perdu définitivement deux années plus tôt. Il penserait quoi ce « sans cœur » de Rimbaud du tableau de la « Vierge folle » devant les juges intègres ?

Mons 2015 s'infiltre dans l'exposition Verlaine, Cellule 252 !

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